Quand le tourisme se peint en vert…

février 22, 2008 at 6:27 2 commentaires

Tourisme communautaire en ThaïlandeQuand toutes les pubs rivalisent de « développement durable« , quand les vendeurs de séjours dans des ghettos de béton « 8 jours/9 nuits tout compris » nous promettent du « tourisme responsable« , qui croire ? Voyageur, garde les yeux ouverts et ne crois que ce que tu vois.

Depuis les succès de Nicolas Hulot et du Grenelle de l’environnement, le vert de l’écologie est la couleur de rigueur. Un de mes correspondants, militant écologiste de la première heure, a dénombré en une soirée pas moins de 17 pubs TV sur 24 se référant à l’écologie, l’environnement, le développement durable, la qualité de vie… Le vert sert même à vendre des 4×4… qui rouleront aux biocarburants, en oubliant que cette solution n’est viable que si l’on choisit des véhicules à basse consommation, sans quoi il nous faudra choisir entre manger et rouler.

Qu’on l’appelle éco-tourisme, tourisme responsable, tourisme durable… le tourisme n’échappe pas à la vague verte. Pendant longtemps, ce tourisme soucieux de l’environnement et des cultures locales est resté marginal. Ainsi, le responsable d’une agence de voyage m’expliquait, il y a quelques années « Le problème du tourisme responsable, c’est que c’est une niche… » Ah bon ? Faire les choses bien, en essayant de rendre les lieux aussi beaux en partant qu’en arrivant, en traitant humainement les gens qui nous reçoivent sur place, c’est une niche ?

Aujourd’hui, la niche est devenue un boulevard. La consommation responsable a le vent en poupe. Une étude du CREDOC indique que 61% des Français sont prêts à payer un peu plus cher (5%) un produit jugé plus responsable – le travail des enfants étant le sujet qui les préoccupe le plus. Même son de cloche dans une étude réalisée par Ethicity et l’Ademe, ou dans le dernier rapport sur la consommation responsable de MesCoursesPourlaPlanète, qui pointe la hausse de la consommation de produits bio, par exemple. Attention quand même… cette vague du bio serait surtout liée à la volonté de préserver sa santé. Autant dire que faire du bien à la planète est d’autant plus apprécié que l’on se fait du bien à soi-même.

Et c’est là bien sûr que le tourisme est gagnant : le voyageur se fera plus plaisir dans un environnement préservé, et au contact de populations locales ayant gardé leur sourire le plus franc et le plus authentique. C’est sans doute pourquoi, selon une autre étude de la Sofres et de Voyages SNCF, 72% des voyageurs se disent intéressés par un tourisme responsable.

Les professionnels l’ont bien compris, qui s’empressent de verdir leur business avec plus ou moins de sincérité. Des groupes qui ont bétonné plage sur plage s’offrent ainsi un nouveau visage aux couleurs du développement durable… Des guides de voyage qui ont toujours privilégié les adresses les moins chères, qui ne se préoccupent guère de l’impact environnemental des adresses recommandées, et qui n’hésitent pas à envoyer les touristes au bout du monde chez « Mimile, qui est Français », se mettent à parler de respect de l’environnement et des communautés locales. En matière de tourisme comme de voitures, de machines à laver ou de lessives, in fine, seul l’oeil critique du consommateur – ou du voyageur – peut faire la différence entre le discours et la réalité.

Par Anne Gouyon, photo REST (Reponsible Ecological and Social Tours, Thailand) issue du Natural Guide Thaïlande.

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2 commentaires Add your own

  • 1. alexandre  |  février 23, 2008 à 9:10

    Pour certains pays, le réchauffement climatique est une bonne nouvelle pour leur tourisme… Je plaisante bien sûr.
    Mais cette vidéo est tout de même drôle 😉
    Regardez ça!!!!!!!

    Réponse
  • 2. Anne Gouyon  |  février 24, 2008 à 3:54

    Bonjour Alexandre, la vidéo de e-citizen est très bonne. Rien ne me fait aussi peur, personnellement, que ces stratégies d' »adaptation » au changement climatique, où chacun se demande qui sera les perdants et les gagnants du désastre… Sérieusement, dans notre livre « Réparer la Planète », nous citons une réunion de la « Tourism Society » du Royaume-Uni, où plusieurs conférenciers ont en effet tenté d’expliquer que le réchauffement climatique sera une bonne nouvelle pour le tourisme sur les plages anglaises… en oubliant que si le monde est plongé dans le chaos, le tourisme sera la dernière préoccupation des survivants ;-(

    Réponse

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