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Le tourisme sauvé par les biocarburants ?

La controverse sur les biocarburants fait rage. Après avoir suscité tous les espoirs pour un développement durable des transports, les voici accusés de tous les maux : déforestation, faim dans le monde, flambée des prix dans les supermarchés, émissions de carbone… Damned, on savait que la roche tarpéienne est proche du Capitole, mais là, c’est vraiment ce qui s’appelle tomber de haut. Pourtant, le tourisme reposant sur la possibilité de se déplacer, il va bien falloir trouver des alternatives durables et positives au pétrole si nous voulons garder le plaisir d’explorer la planète et d’aller à la rencontre d’autres cultures.

Alors, que faire ? Petit guide positif des biocarburants, en 10 commandements.

1. Bio et agro tu ne confondras pas

Petit rappel : les biocarburants ne sont pas issus de l’agriculture biologique. Le préfixe bio- indique juste qu’ils proviennent de matières premières vivantes (bio = vie) par opposition au pétrole, qui est une matière première fossile. Il serait donc plus exact de parler d’agrocarburants pour le diesel issu de cultures de colza par exemple. Mais attention, certains biocarburants proviennent de déchets fermentés grâce à des bactéries… Le terme biocarburant peut donc être retenu pour tout ce qui vient du vivant en général.

2. Tu ne mettras pas en compétition les voitures et les estomacs

Les agrocarburants d’aujourd’hui sont issus de l’agriculture existante… qui est surtout destinée à produire de la nourriture. On se retrouve ainsi à produire de l’éthanol (substitut de l’essence) avec du blé, du maïs ou de la betterave ou du diesel avec du colza et de l’huile de palme. C’est inefficace, parce qu’on ne valorise ainsi qu’une toute partie de la plante, qui est la graine. C’est dangereux, parce que l’on met en compétition un besoin essentiel (manger) avec un besoin non essentiel (rouler). Bref, cela a pu servir dans un premier temps à développer des filières d’agrocarburants, mais cette « première génération » est condamnée à disparaître.

3. Les terrains désertifiés tu valoriseras

Heureusement, il existe des plantes plus humbles, qui peuvent être cultivées sur des surfaces qui ne sont pas adaptées à la culture alimentaire. C’est le cas du Jatropha curcas, un buisson adapté aux zones arides, qui pousse en Afrique, en Inde, en Amérique Latine… Ou encore du miscanthus et de l’arundo, sortes de roseaux ou cannes de grandes dimensions, qui poussent un peu n’importe où sur les terrains vagues, les bords de routes, et que l’on peut transformer en éthanol par des procédés encore au stade expérimental, mais qui devraient être opérationnels d’ici une dizaine d’années. Il est possible de développer ces plantes sur des terrains aujourd’hui non cultivés, donc sans affamer l’humanité. Beaucoup de ces terrains étaient autrefois cultivés et ont été désertifiés au cours des 40 dernières années. Ce ne sont donc pas des surfaces de forêts naturelles que l’on va couper, mais des cultures que l’on va restaurer. Et autant d’emplois pour des pays souvent très pauvres.

4. Des cultures positives pour l’environnement tu développeras

Là encore, inutile de cultiver les agrocarburants comme on cultive les cultures alimentaires actuelles, avec de fortes dépenses d’énergie, des quantités importantes d’irrigation, d’engrais chimiques et de pesticides… Il est possible de cultiver des plantes énergétiques rustiques, avec des techniques de culture adaptées : réduction des labours et donc des passages de tracteurs, utilisation d’engrais organiques, culture intégrée valorisant la biodiversité pour lutter contre les maladies sans recours excessifs aux pesticides… Ainsi, les cultures d’agrocarburants auront un bilan positif sur le plan de l’énergie, du climat, de l’eau, de la toxicité et de la biodiversité.

5. Des micro-algues tu développeras

Dix fois plus efficaces en terme de production par unité de surface que les biocarburants actuels, il y a… les micro-algues, en cours de développement par plus d’une dizaine de sociétés dans le monde entier.

6. Les poubelles tu fouilleras

Rouler au biogaz… c’est déjà le cas de nombreux bus, par exemple à Lille. Mais c’est quoi du biogaz ? Un gaz issu de la fermentation sans oxygène de déchets d’origine vivante, par exemple des déchets domestiques. On peut aussi fabriquer du biodiesel ou du bioéthanol à partir de pelures d’oranges, d’huile de friture usagée, de déchets d’abattoir… vous avez dit burk ? Mais c’est mieux que de laisser ces déchets polluer l’environnement. Cela s’appelle même l’économie circulaire : les déchets de l’un sont les ressources de l’autres. Surprise, c’est ainsi que la Nature fonctionne…

7. Les emprises des réseaux tu utiliseras

A quoi servent les bas-côtés d’autoroutes, les surfaces entre les pistes des aéroports, les toits de parking ? A rien. Et si on les valorisait intelligemment ? Imaginez la quantité d’énergie produite sur ces surfaces en les couvrant de cultures d’agrocarburants, de panneaux solaires ou d’éoliennes selon les lieux… À terme, les réseaux de transport pourraient produire leur propre énergie !

8. Des véhicules efficaces tu choisiras

Bien sûr, la surface terrestre ayant ses limites, il ne faut pas imaginer que tout le monde pourra rouler en Hummer au biodiesel. Les éco-carburants, ce sont les carburants que l’on ne consomme pas !!! Pour que le remplacement du pétrole par des agro ou biocarburants soit possible, il faut commencer par réduire la consommation des véhicules, et donc privilégier l’achat de petites voitures émettant peu de gaz carbonique (idéalement moins de 120 g/km2). C’est valable aussi en voyage : amusez-vous à demander à votre loueur de voitures le modèle la moins consommatrice d’essence et la moins émettrice de CO2 ! Vous ferez des économies en contribuant à protéger l’environnement.

9. Le train et le bus tu redécouvriras

Le bus et le train consomment beaucoup moins de carburant par kilomètre-passager que la voiture ou l’avion. En voyage, les bus locaux sont certes plus aventureux que la voiture louée, mais un excellent moyen de rencontrer les gens du coin ! Et le train permet de profiter des paysages au lieu de les survoler…

10. L’aventure au coin de la rue tu chercheras

Est-il nécessaire de partir au Mexique pour se dépayser ? Au coeur de la France, de l’Autriche, de l’Espagne, il y a encore bien des mystères à découvrir. Retrouver le plaisir du tourisme de proximité, c’est émettre moins de gaz carbonique, consommer moins de carburant, et éviter le stress des grands déplacements.

Par Anne Gouyon. En savoir plus sur les biocarburants ? Lire Réparer la Planète, la révolution de l’Économie Positive (JC Lattès/BeCitizen).

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mars 28, 2008 at 8:53 Laisser un commentaire


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